Romain Bruschet... vivre sa passion sans se poser de questions !!!

Si vous passez par Redessan, prenez la direction du centre ville… ne vous faites aucun soucis, vous ne vous perdrez pas… mais si par étourderie vous ne retrouvez pas votre chemin, tout près de la place du marché, entrez au bar du « Progrès »… et là, vous retrouverez la chaleur des bistrots d’antan, où les amis aiment à se retrouver autour d’un petit déjeuner convivial, où le jambon, le saucisson et le camembert se dégustent autour d’un verre de « rosé »… et un peu plus tard dans la journée, les discutions vont bon train, le verre de pastis à la main !!!

 

Et dans ce petit bistrot, convivial à souhait, c’est Romain Bruschet qui est derrière le comptoir… l’œil brillant et le sourire aux lèvres, il vous accueille avec gentillesse mais aussi avec professionnalisme… pourtant, ce n’est que depuis le 1er avril de cette année que Romain est devenu le propriétaire de cet unique « estanquet » du village, après avoir exercé plusieurs boulots dans le bâtiment !!!

 

Aucun souci d’intégration, lorsqu’on sait qu’à Redessan, les Bruschet y sont installés depuis plusieurs générations… Romain y a passé toute sa jeunesse, et le « Progrès », il le connaît comme sa poche…

 

Né le 14 juin 1985 - et vous verrez que le mois de juin est un mois particulier pour Romain - il a débuté ses activités sportives au Football Club de Redessan, dans lequel il occupa aisément, dans toutes les catégories, la place de milieu de terrain offensif jusqu’en 2007.

 

Alors que sa famille n’avait pas de motivation particulière pour les taureaux, dès son adolescence, Romain et ses copains goutèrent au « bioù » lors des fêtes de villages… abrivados, encierros, toro-piscine… toutes les occasions étaient bonnes pour assouvir cette passion naissante pour cet animal, emblème de nos traditions…

 

D’ailleurs, il ne manque pas de préciser, que mise à part la pêche qui fait partie de la panoplie de ses loisirs, c’est le taureau sous toutes ses formes qui reste sa passion première…

 

Connaissant l’existence de l’Ecole Taurine de Bouillargues, il n’avait qu’une seule envie, avec son ami Abdel Yachou, rejoindre ce centre de formation pour les jeunes raseteurs…

 

Mais c’était sans compter sur la réticence de ses parents, qui ne voulaient surtout pas que leur progéniture s’aventure dans une telle discipline…

 

Poussé par Yohann Dayre, et surtout par Alain Alteyrac, ancien raseteur et 7 fois vainqueur du Trophée des Vaches Cocardières, il du donc attendre sa majorité, pour rejoindre avec Abdel, plus jeune que lui, l’équipe de « bouvinaïre », chère au cœur de Claude Dumas…

 

Et c’est au mois de juin 2004 – vous voyez que le moins de juin revient – en cours de saison, et ce à cause d’une fracture du nez contractée au cours d’un match de football, qu’il pu enfin s’inscrire à l’Ecole Taurine de Bouillargues… Romain venait enfin de faire tomber cette barrière, qui se dressait devant lui depuis si longtemps !!!

 

Il fut très vite intégré au sein de cette folle équipe passionnée de « bioù », et lia très vite amitié avec Claude Dumas, son « prof », Fred, Laurent Vasseur, Benben et tous les autres… soirées de fêtes, bien sur, mais surtout le plaisir, la joie et l’ardeur de vouloir bien faire…

Romain Bruschet et son ami Benjamin Bini
à Montfrin
le 4 mai 2008, lors de la première journée du 50ème
"Gland d'Or".

Romain n’était pas venu là pour faire de la figuration… il s’impliquait pleinement dans la vie de cette école qui allait devenir plus tard un tremplin pour le « haut niveau »…

 

Se donnant sans compter, pour sa première finale en 2004, il ne put résister à la charge de « Gilou » de la manade de l’Argentière, qui l’attrapa en plein centre de la piste bouillarguaise, le transportant sans le lâcher jusqu’à la planche… grosse frayeur, mais peu de mal…

 

Perfectionnant son placement et son raset, au cours de la finale de l’année 2005, il fut pratiquement le seul à s’imposer face à un taureau de l’Argentière, qui portera 2 ans plus tard le nom de « Forest », et qui est classé au « As » cette saison…

 

Après un an et demi passé sur les « bancs » de l’école, voilà notre Romain propulsé en « Protection » ; à cause d’une opération au genou, c’est au mois de juin 2006 – et oui, encore le mois de juin – qu’il prit le « char » en marche… passer de l’emboulage à la pointe, n’est déjà pas évident… mais arriver en pleine saison, alors que les autres « Protectionnaires » étaient déjà en « jambes », il fallut à Romain beaucoup de volontés et de travail pour arriver à s’imposer…

 

C’est ce qu’il fit… sans se poser de questions, telle est sa devise, il s’intégra très rapidement, et grâce à sa gentillesse et sa spontanéité dans le contact, il se plongea rapidement dans l’ambiance grâce à certains de ses collègues de compétition.

 

Il se souvient de sa première course dans les Alpilles, et me confia : « C’était à Cabannes, pour un concours de manades « Brestalou/Ricard »… les taureaux étaient très durs et présentaient beaucoup de difficultés… il fallait que j’y aille… et j’y suis allé, toujours sans me poser de questions… je m’en suis bien sorti, ce qui m’a donné confiance pour la suite de cette première saison en Protection. »

 

Il enchaîna courses sur courses, toujours avec la même passion et toujours l’esprit libre… il a en mémoire surtout ses prestations à Redessan, son village natal, où il tenait à donner du plaisir à ses amis et à sa famille, même si cette dernière ne partage pas la passion de Romain.

 

C’est dans un très bon concours de manades « Lautier/Plo » sur le « plan » redessanais, que Romain confirma ses capacités à pouvoir accéder au niveau supérieur !!!

 

C’est donc cette année que Romain a franchi la marche de l’Avenir… c’est à Pélissanne qu'il donna ses premiers coups de crochet… mais c’est à Allens, le 29 mars qu’il fut confronté aux premières difficultés avec « Maï » des Baumelles ; bien dans sa tête et sans pression, concentré sur sa course, face à un taureau qui n’autorise pas la faute, il réussit son « entrée », et leva un gland… sa saison était lancée… il renouvela une excellente prestation à Redessan le 30 mars, où, face à l’atomique « Valmont » de Lautier, il ne leva pas d’attribut, mais fit un très bon quart d’heure…

 

Malgré ses problèmes de dos, motocross oblige, cumulés avec les horaires intempestifs de présence derrière le comptoir du « Progrès », Romain parvient à concilier ses deux activités ; tous les jours, il assure l’ouverture et la fermeture de son bar, tandis que pendant ses courses, il est remplacé par deux amis qui se succèdent à tour de rôle, assurant le service auprès sa fidèle clientèle et lui permettant de raseter l’esprit libre…

 

Par contre, heureusement que Romain respecte une hygiène de vie assez rigoureuse… sans entraînement, il ne montre aucun signe de faiblesse ni de fatigue, afin de respecter le plus consciencieusement possible la confiance qu’ont placé en lui les organisateurs de courses !!!

 

Il a prouvé le dimanche 4 mai à Montfrin, au cours de la première journée du 50ème « Gland d’Or », où il fit une très bonne course, marquant 9 points pour le Trophée de l’Avenir, et se classant 3ème à l’issu de cette première journée du prestigieux trophée monfrinois.

"Beaucairois" de Chauvet sur Romain Bruschet
à Montfrin
le 4 mai 2008, lors de la première journée du 50ème
"Gland d'Or".

L’agenda de Romain est bien rempli… Vallabrèques, Cavaillon, Montfrin… toutes les pistes de Provence et du Languedoc sont au programme de ce sympathique et gentil garçon, qui conclu cet entretien en me disant : « Ma seule ambition, est de raseter tous les taureaux qui me sont offerts, du plus simple au plus compliqué… je ne me prend pas la tête… ma passion, c’est de raseter pour raseter… je lève un attribut, tant-mieux, je n’en lève pas, tant-pis… mais j’aimerais bien finir dans les dix premiers dans le seul but de vivre la fête qu’est la finale du Trophée de l’Avenir… ».

 

Un petit café au coin du zing avant de quitter le « Progrès »… Romain tout sourire, me dit : « Merci et à bientôt. ».

 

Merci à toi Romain de nous faire vivre ta passion avec simplicité et modestie… tu fais partie de la famille de ces raseteurs qui sont « nés » sous l’aile de Claude Dumas, qui incarne ces valeurs taurines que nul ne peut lui contester ni lui ôter !!!

 

                                                                Didier Jacquet

Commentaires (5)

1. berthoud 23/07/2012

romain et benjamin des glands en or!!!!

2. stephane et signes 09/11/2008

roùaon tkt t le meilleir tira loin continue a progresser ds cette voix tu represente redessan continue comme cela

3. PASCALE 08/06/2008

Romain, que j'ai suivi de plus loin pendant son temps à l'école taurine,( car Benben à l'avenir, je ne peux pas me couper en quatre, et pourtant je voudrais me dédoubler pour être à plusieurs endroit a la fois) Mais chaque fois que je le voyais raseter, j'ai vite remarqué ses émormes qualitées. Cette année il fait un bon début à l'avenir (il part trés souvent de la planche) chose que beaucoup arrivant à ce trophée devrait faire au lieu de vouloir faire des rubans à tout prix dans n'importe quelle situation. Romain continue a joué de ta sincérité, vie ta passion et fait nous régalé.Bonne saison 2008.

4. Dumas Claude 16/05/2008

On se souviendra de Romain lors d'une des fête de Bouillargues où il s'était bien intégré dans cette jeunesse.
Par la suite il est devenus plus timide pour nous rendre visite ; je lui souhaite de réussir dans tous ses projets car il est partit un peu sur tous les fronts. Je ne pense pas que la difficulté le face reculer.
On se souviendra à jamais de l'homme qui à redonné un second souffle à la carrière de Forest.

5. Pince Olivier 09/05/2008

En comparaison avec les autres raseteurs issus de l'école de Bouillargues, j'ai eu assez peu l'occasion de cotoyer Romain en dehors du cercle rouge. L'image que je garde de lui, est celle d'un garçon qui ne recule devant aucune des dificultés qu'un taureaux est amené à poser en piste. C'est quelqu'un d'une volonté est d'une témérité immense et sans faille. C'est dans sa nature, c'est un meneur d'homme, une locomotive infatigable. Elève, il était pareil. Il ne voulait rien laisser à personne, ce qui est une qualité, surtout lorsqu'on parvient à s'adapter comme lui à tout type de bioù. J'ai en mémoire cette course avec Marco à Pernes-les-fontaines où ils formaient un véritable "duo magique" attrapant les guillerme, Mailhan et Lautier. Mais aussi, le jour de la 1ère finale de "graine de raseteur" à Marguerittes, course à laquelle il méritait largement ce beau trophée. En tout cas, aujourd'hui il montre ce qu'il sait faire et le peuple de bouvine commence à retenir son nom. Bravo ! Et surtout, comme je l'ai dit pour les autres ... ne change rien.

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