Dimanche 14 novembre 2010 - Bistournage à la manade des Corrèges 2010

 On a bistourné aux « Corrèges »…

par Didier Jacquet

Un ciel d’ancre à ne pas mettre un « biòu » dehors… Quelques gouttes vite stoppées par un violent vent de la mer, et nous voilà emprunter la route d’Arles… Une circulation fluide… vu le temps, on comprend !!!

Près de Bellegarde, une « Oasis » pour repère, après avoir roulé quelques centaines de mètres, on entre soudainement dans un autre monde… la nature, le calme, des prés à perte de vue…

Les photos de la matinée... Cliquez sur l'image ci-dessous !!!

Bistournage aux Corrèges

On s’enfonce peu à peu dans cette près-Camargue qui n’a d’égale qu’elle-même… Ses roseaux, pliés par le vent mais qui ne rompent jamais, ses tamaris bordant les roubines, ses odeurs, caressant nos narines d’un parfum de taureaux et de chevaux, qui nous enivre… Un vrai bonheur !!!

Au terme de ce court périple, un petit chemin caillouteux… une borne de pierre, ornée d’une magnifique tête de taureau… « Manade des Corrèges »… nous voilà rendu…

Une matinée comme toutes les manades en vivent tout au long de l’inter-saison… le bistournage des taù, font partie d’un des rituels de l’activité d’une manade.

Et c’est l’occasion pour le manadier d’inviter ses amis… clubs taurins, raseteurs, personnalités diverses… tout un peuple de bouvine, qui, après les courses de la saison, se retrouve en « pays », pour rester au plus prêt de cette ambiance incomparable que procure la proximité du taureau !!!

Yves Jacquot, le « pélo », son « bayle-gardian », Jean-Luc Agniel, et tous les gardians amateurs de la mande, avaient mis les petits plats dans les grands pour accueillir tous ces « bouvinaïres » de la plus conviviale des façons…

Après un déjeuner frugal, rendez-vous au bouvaou… la « pince » était prête !!!

Quatre taù de 2, 4 et 5 ans allaient être castrés, « bistournés » en langage de chez nous…

Une tradition qui n’en demeure pas moins un obligation… beaucoup de monde sur le toril, mais surtout en piste pour capturer le biòu, le coucher et l’immobiliser… certes, ce n’est pas le meilleur moment pour l’animal… mais la nécessité de la castration est une phase indispensable pour permettre au taureau de se « réserver », et de conserver tout son potentiel énergétique qui lui permettra éventuellement de devenir un cocardier !!!

Une fois cet intermède douloureux passé, le biòu, débarrassé de ses cordages et des « humains » qui le recouvraient, se prête au jeu de la piste… mais en ce dimanche, peu d’amateurs de rasets…

Au terme d’une matinée champêtre et festive, tout un chacun se retira, heureux d’avoir vécu encore un moment autour d’une de ces traditions qui font la vie de la Camargue et de ses manades.

Pour nos quatre biòus, l’heure de la liberté venait enfin de sonner… Regagnant les prés, leur espace naturel duquel ils auraient bien voulu ne jamais partir, que de choses auront-ils à raconter à leurs congénères qui ont déjà vécu les mêmes aventures, et à ceux, qui dans les mois ou les années à venir, subirons le même sort !!!

Mais le taureau, Seigneur de Camargue, n’en restera pas moins le maître… dès le printemps prochain, au gré des pistes de Provence et de Languedoc, c’est lui qui imposera sa loi face aux hommes, sur lesquels il aura l’occasion prendra sa revanche !!!

A l’an que ven…

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