Hommage à Andalou et à Dédé alias André Castan

Bouillargues, dimanche 19 juin 2011

Course du 90ème anniversaire du Club Taurin « La Cleda »

 Hommage à « Andalou »

Manade Espelly-Blanc

par Olivier Pince

Cela fait maintenant dix ans que Bernadette et Georges Blanc sont les nouveaux propriétaires de la manade Espelly. Et c’est en toute logique qu’ils ont voulu se faire leur propre idée des qualités des jeunes taureaux de la manade. A ce moment-là, les amateurs de l’époque ne portaient pas de gros espoirs sur ce numéro 5 162, prénommé… « Andalou ».

Ils le firent alors courir souvent et finirent par voir émerger chez lui un réel potentiel naissant de cocardier car, très vite, ce taureau comprit les enjeux du combat en piste avec les raseteurs.

L’année suivante, en 2002, il remporta le trophée Louis Thiers. Premier d’une longue série…

Sa tenue de piste devint sans faille et son sens de l’anticipation ne fit que s’aiguiser.

En 2004, il intégra les courses du Trophée des As, effectuant aussitôt ses sorties à sa place de prédilection qui lui sied naturellement… la quatrième.

Il faut savoir que durant sa carrière, il aura cédé en tout et pour tout que deux fois une ficelle

Au-delà de son intelligence phénoménale, aussi bien en piste qu’en pays, il s’avéra qu’il fut doté également d’un moral hors norme.

En effet, sa dernière blessure eut lieu en 2009 dans les arènes de Chateaurenard où il fut victime d’un gros arrachement musculaire, suite à une action aux planches. Auparavant, il fut blessé à l’œil dans les arènes de Castries en 2003. Et en 2006, il se coinça longuement la patte lors d’un débarquement dans les arènes d’Arles. Et à chaque fois, il revint à son meilleur niveau…

2006 fut probablement l’année où sa carrière prit une ascension déterminante et qui, disons-le, marqua l’histoire récente de la bouvine.

Dans toutes les pistes qu’il foula, qu’elles furent petites, moyennes ou grandes, sa prestance et sa maîtrise firent l’admiration de toutes celles et ceux qui ne voyaient pas en lui un taureau au comportement défensif, mais un cocardier au classicisme épuré, ramenant ainsi l’art du raset à une notion fondamentale qui veut que, lorsque le taureau ne se livre pas aux raseteurs, c’est aux raseteurs, tels des « Lagardère » vêtus de blanc, à aller chercher le taureau dans ses retranchements.

De ce fait, son anticipation fut parfois si fulgurante qu’on put observer le taureau se diriger directement où le raseteur fut censé finir sa course, ce qui demanda à ce dernier un engagement total et sans fioriture.

En 2010, Andalou réalisa l’une de ses meilleures saison, peut-être même LA meilleure !!! Il remporta ainsi son trophée le plus prestigieux, le prix du meilleur taureau de la Palme d’Or dans les arènes de Beaucaire, donnant à voir une fois de plus un quart d’heure d’une majestueuse domination.

Il devint ainsi l’un des prétendants les plus sérieux à la course au Biòu d’Or.

Son absence pour le moins retentissante lors la finale du Trophée des As, l’année dernière, ne fut en rien une erreur ou un malentendu, mais une véritable insulte à l’encontre de ses propriétaires et à tous les gens de bouvine, sachant que la place qui lui était réservé n’était pas celle due au rang qui fut le sien ; c’est-à-dire celle d’un des plus grands cocardiers de sa génération… ce grand cocardier, qu’Albert Espelly a fait naître !!!

C’est dire l’immense honneur que nous ont réservé Bernadette et Georges Blanc de nous présenter leur taureau « Andalou » une des toutes dernière fois de sa prestigieuse carrière dans nos arènes à l’occasion de cette course du 90ème anniversaire du Club Taurin La « Cleda ».

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je vous demande de faire une ovation au taureau…

« ANDALOU » !!!

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 Hommage à « Dédé », André Castan

par Olivier Pince

A l’évocation de la fastueuse carrière d’Andalou et de la manade Espelly, le club taurin voudrait rendre hommage à l’un de ses membres historiques.

Commençant à monter à cheval à l’âge de 30 ans, il devint rapidement gardian amateur au milieu des années 50 allant aider quelques manadiers du coin, notamment Puig au Boucanet, Pierre Aubanel ou encore Jean Lafont.

C’est lors d’un week-end de Pâques, au début des années 70, qu’un certain Jean Sol lui proposa de venir lui donner la main à l’occasion d’une ferrade devant avoir lieu le lendemain à la Tour du Vallat. Et c’est depuis ce jour que débuta  une grande histoire d’amitié entre eux deux et avec la plupart des gardians tels Gérard Ribière ou bien encore Joseph Romieux dit le « Zé », ainsi qu’une fidélité sans faille envers la manade d’Albert Espelly. Et ça fait 40 ans que ça dure…

Car c’est bel et bien au sein de cet élevage, qu’il put assouvir pleinement sa passion en ayant autant de responsabilité que le bayle gardian, Jean Sol (trier les cocardiers, aller faire courir parfois seul les taureaux dans les villages, etc… etc…

Très estimé dans la manade, Albert Espelly lui fit don du frontal du célèbre cocardier « Bamboche » en 1980.

Mais que serait un gardian sans son cheval ? Son premier, « Miracle », l’accompagna durant ses premières années de gardian, puis, lorsqu’il entra à manade Espelly, il acquiert à peu près au même moment sa seconde monture, « Faraman », issu de l’élevage d’Hubert Yonnet. Un cheval qui, de l’avis de tous les gardians et gens de métier, fut tout à fait sensationnel, triant les taureaux de façon instinctive.

C’est également à la même période, en 1972, qu’il entra comme membre actif du club taurin « La Cleda ». Il sera également Vice-Président, au moment où Roland Vignaud fut président, puis enfin trésorier les dix dernières années avant de se retirer en 1996.

Bon vivant, chaleureux, le verbe facile et la faconde rieuse, chaque instant passé en sa compagnie, autour d’un verre de 51, est toujours synonyme de bonne humeur partagée.

Ce sont aussi des moments forts d’une vie de passion on ne peut plus riche et truffée d’anecdotes qui ont forgé année après année notre culture, notre identité, notre fierté… d’être d’ici.

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je pense que vous l’aurez reconnu, je vous demanderai de faire une ovation à notre ami…

« Dédé », André Castan !!!

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