La Face B par Olivier Pince

Pour Charles et tous les autres...

 La "Face B"...

Je me souviens encore de la tête que faisait Charles quand nous nous étions retrouvés ensemble à l'issue de la course à Montfrin comptant pour la 1ère Journée du Gland d'Or, le 4 mai 2008. Il avait l'air déçu.

Pourtant, je trouvais qu'il avait bien raseté. Il me disait qu'il avait toujours en mémoire les sifflets du public au moment où il leva une cocarde lors d'une reprise, que certains « ayatollah » de la course camarguaise, nomment bêtement « carreaux ».

Montfrin, le 4 mai 2008
"Beaucairois" de la manade Chauvet sur Charles Chanat

J'avais beau lui dire de ne pas écouter ces « peureux bien-pensant »… il s'en voulait. Il ne se le pardonnait pas. Lui, Charles Chanat, impardonnable… Et puis quoi encore ! Si ce n’est pas malheureux, lui qui ne pense qu'à « faire régaler les gens », comme il dit...

Faire régaler celles et ceux avides de sensations fortes que leur procurent ces hommes en blanc, flirtant sans cesse avec la ligne jaune, comme des funambules déambulant sur un fil instable.

Faire régaler celles et ceux qui n'hésitent pas à vous traiter de « voleur » ou de « fumiste » quand le spectacle ne leur convient pas, quand ils estiment que ce qu'ils voient ne vaut pas le prix qu'ils ont payé... Reste à savoir à combien ils évaluent la vie d'un homme !!!

Montfrin le 28 juin 2008
Claude Dumas au premier plan,
Charles Chanat derrière...
(photo Stéphan Marin)

Puis brusquement, cette ligne est franchie... Et tout s'effondre...

Les nuages blancs se font gris, le ciel s'obscurcit, le jour se fait nuit...

Et c'est le choc ! Terrible ! Insupportable !

On a peur pour vous. On vous pleure. On compatit. On a pour vous tous les égards.

On dit de vous que vous êtes un héros... comme si vous ne l'étiez pas la première fois que vous avez posé un pied en piste… mais bon, cela ne devait pas avoir une grande importance à ce moment-là...

On vous hisse sur un piédestal, au même rang symbolique que les « cadors » du trophée taurin, après que l'on ait proféré à votre encontre, la minute avant, les pires insultes... 

Et on repense aussitôt à tous ces noms… Canto, Jauffret, Gibert, Fesquet, et tant d'autres, hélas, qui font nous rappeler, s'il en était encore besoin, que le taureau peut juste... tuer !
« Ah oui, c'est vrai ! »

Et je ne parle pas de l'amateur de phrases toutes faites, du style : « Ce sont les risques du métier », dit-il, les fesses bien calées au fond de son canapé confortable... lui qui n'oserait jamais s'aventurer à plus de dix mètres d'un taureau... minimum...

Mais quand est-ce qu'ils seront respectés définitivement à leur juste valeur ? 

Quand est-ce on arrêtera de croire que chacun d'eux ne s'expose pas au même risque, au nom d'une certaine « manière de » ? 

Quand est-ce seront-ils tous, sans exception, vus « grands »… avant qu'un autre drame ne soit à déplorer ???

« Heureusement, 
Demain, le jour se lèvera
A nouveau, on revêtira notre costume d'aficiouna
A nouveau, on repeindra notre conscience de clameurs et de vivas
A nouveau, de notre œil inquisiteur, on se croira bien placé pour dire ce qui est bien et ce qui ne l'est pas
Bien placé pour parler de celui qui est bon et celui qui ne l'est pas
Bien placé pour débattre de ce qu'il faudrait et ce qu'il ne faudrait pas
Demain, le jour se lèvera
A nouveau, on se laissera bercer par la mélodie douce et rassurante... de la face A !!! »

Commentaires (2)

1. Dumas Claude 02/07/2008

super article olivier

2. marjolaine 02/07/2008

Très bel article Olive.Tu soulèves un sujet très intéressant.Charles , remet toi vite , on t'attend pour faire la fête votive!

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