Billet d'humeur... Palme d'Or à Beaucaire...

 Des taureaux et… des hommes !

 

Par Olivier Pince

Au soir de ce lundi 28 juillet 2008, le raseteur Benjamin Villard entre dans l’histoire en inscrivant pour la première fois son nom au palmarès de la prestigieuse Palme d’Or dans les arènes « Paul Laurent » de Beaucaire.

Pourtant cela fait quelques années déjà que cette compétition majeure de la saison taurine perd de son charme et, par voie de conséquence, de son intérêt.

En effet, ayant été présent durant les quatre journées comptant pour ce trophée, je suis ressorti de chacune d’elle avec un profond sentiment d’ennuie.

Malgré la très bonne affluence régulière - c’était plein à craquer - il ne fait aucun doute que le public s’attendait à voir autre chose. C’est-à-dire beaucoup plus de travail, beaucoup plus de rythme, beaucoup plus de pression sur les taureaux. Le nombre infime de ficelles levées en témoigne aisément.

Par exemple, à l’issue de la deuxième journée, Benjamin Villard ne totalisait que… 17 points !!! Son dauphin, Sabri Allouani se classant second avec 13 points, en une seule  course !

Pourtant, contrairement à ce que cela puisse paraître, je ne jetterai pas la pierre aux raseteurs et encore moins aux meilleurs d’entre eux.

Car lorsqu’on se hisse dans les premières places d’un tel trophée, la beauté du geste va bien un temps, mais la logique de calcul des points des uns par rapport aux autres évite que l’on se précipite aveuglément sur la tête des taureaux afin de faire attention à ne pas « démarmailler » les ficelles à la faveur son adversaire direct…

Aucune fédération, aucune organisation, aucune hiérarchie, quelle qu’elle soit, n’empêchera un raseteur d’être aussi un compétiteur. Surtout à ce niveau…   

Alors que faire, me direz-vous ?

D’une part, étant donné que les cocardiers actuels courants aux Trophée des As n’ont plus tout à fais le niveau qui était le leur, auparavant, ne faudrait-il pas resserrer un peu les rangs pour ne faire plus que trois journées, comme il n’y a pas si longtemps ?

Mais là où je souhaiterai particulièrement insister, c’est sur cette idée trompeuse, devenue aussi sacrée qu’un verset d’un ouvrage divin, qui veut que pour améliorer la qualité du spectacle, il faut impérativement limiter le nombre de raseteurs en piste.

Je pense plutôt que c’est cette conception de la course camarguaise qui est en train de connaître ses limites…

Il faut sortir de cette ornière, sortir de cette « pensée unique » et réaffirmer haut  et fort que les taureaux, arrivés à un certain niveau, ont besoins d’hommes, de beaucoup d’hommes, pour pouvoir exprimer pleinement leur potentiel de cocardier.

Même celui qui a tendance à refuser peut aller chercher un raseteur qui, dans la tourmente, se sera malencontreusement enroulé autour de son frontal et ainsi lui permettre de réaliser des actions intéressantes…

Il n’a jamais existé de « grand quart d’heure » en voyant des taureaux prendre un raset toutes les trente secondes, minimum.

Il ne faudrait quand même pas oublie que la Palme d’Or fait parti des trois rendez-vous majeurs de la saison taurine, avec la finale du Trophée des As et, bien évidemment, la Cocarde d’Or.

La finale des As et la Cocarde d’Or sont, respectivement, composées de quinze et vingt-cinq raseteurs.

Alors qu’à Beaucaire, pour la Palme d’Or, durant les quatre courses, pas plus de dix raseteurs furent présents à la « Capélado » !!!

La Palme d’Or est-elle devenue un trophée si banal pour mériter aussi peu de d’hommes en piste ?

Je ne le pense pas… Je ne le souhaite pas, surtout !

Le cocardier Camarina (Chauvet) ayant essuyé une importante bourre, due notamment à des attributs « sur-primés », a pu ainsi donner à voir ses qualités généreuses, sa vaillance et ses finissions, sans toutefois être aussi impressionnantes qu’elles pouvaient l’être auparavant… En tout cas, cela a suffit pour qu’il remporte, unanimement !!!, le prix du meilleur taureau pour cette édition 2008.

Un cocardier comme Andalou (Blanc-Espelly), qui, pour moi, méritait le prix, aurait sans doute bénéficié de plus d’opposition pour mettre davantage en lumière ses grandes qualités, plus classiques, d’anticipations et de vitesse. Son excellente tenue de piste lui permettant de garder la maîtrise constante du combat…

Gageons que les organisateurs beaucairois auront à cœur de prendre ce problème à bras le corps et chercheront à essayer de pouvoir « inviter » plus de raseteurs, plutôt que de jeter des sommes astronomiques sur les cornes des taureaux de façon sporadique pour tenter en vain de stimuler l’appétit des hommes en blanc.

En effet, nous avons pu vérifier que cette méthode a connu une efficacité très relative, notamment lorsqu’une fois les principaux attributs levés, les ficelles restèrent « pleines ». 

Je sais très bien que ce genre de mesure serait, d’un point de vu général, très impopulaire, mais j’ai pourtant l’intime conviction que ce n’est qu’à ce prix, en partie, que la Palme d’Or redorera son blason et, par conséquent, redonnera à la course camarguaise toute son authenticité…

Commentaires (1)

1. tinouchy 04/08/2008

Je suis allée aux 3 premières journées de la palme : la première journée, j'ai bien aimé, la 2ème détesté à cause du public en partie, la 3ème je me suis régalée en partie grâce au bon quart d'heure de Camarina

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