Billet d'humeur... Fos sur Mer...

 "Like a virgin"...

par Olivier Pince

Ça y est, ils ont fait le grand saut. Tant d’efforts, d’espoirs, de doutes aussi, à rêver de ce jour.

Non, ce n’est pas une victoire dans un grand trophée, ils n’en sont pas encore là, c’est juste un passage, une étape indispensable à dépasser afin de s’affranchir du statut d’élève à défaut de celui, toujours en cours, d’apprenti.

Mais vous me direz, et vous aurez bien raison, on ne cesse jamais d’apprendre. On prend de la bouteille, comme on dit, on gagne en expérience et le temps ne fera que construire leur postérité future.

En effet, pour la première fois de leur jeune vie, Jérôme Martin et Jérôme Jarroux, les leaders incontestables et incontestés de la génération d’élèves de l’école de raseteurs de Bouillargues la saison dernière, ont raseté leurs premiers taureaux… cornes nus !

Comme toutes les premières fois, ils ont connu leur lot d’appréhensions, d’angoisses, de doutes, sûrement de nuits blanches, et avec cette excitation qu’on a toujours un mal fou à dissimuler.

Avec eux, j’associerai bien évidemment Yannick Pérez, déjà stagiaire il y a deux ans, et qui, après quasiment un an et demi d’arrêt à cause d’une opération des ligaments croisés du genou, recommença à raseter en pointe, après s’être préparé comme un sportif de haut niveau pour revenir au top de sa forme, gommant ses kilos superflus, se réaffûtant physiquement tout en se forgeant un mental de battant.

Pour lui, c’était comme une autre « première fois ».

On a beau se dire que les taureaux courant dans ces courses de ligues sont les mêmes que ceux qu’ils ont raseté à longueurs d’années dans le cadre des courses de l’école de raseteurs, une fois les emboulages ôtés, ils paraissent autrement plus impressionnants.

Et en cette après-midi « fosséenne » où Eole nous a accueillis avec un peu trop de zèle, nos élèves impétrants ont su mettre en valeur leur potentiel naissant à ce niveau. Pourtant, les conditions climatiques étaient vraiment désastreuses.

Les taureaux de Plo, Richebois, Saumade et Blanc présentèrent un répertoire varié de comportement. Ils furent intéressants à voir évoluer.

Jérôme Martin fait un plein (cocarde et gland) lors de son tout premier raset. Lui qui, malgré sa grande aisance, était particulièrement maladroit pour lever l’attribut, réalise d’entrée un « cent pour cent ». Par la suite, il aura beaucoup de difficultés à s’engager réellement dans le terrain des biòus, mais il est resté constamment volontaire.

Jérôme Jarroux a mis du temps pour prendre la mesure des taureaux qu’il a eu à affronter - quoi de plus normal dans ce contexte -, mais dès qu’il s’est senti, il nous a gratifié de quelques rasets de grande classe dont il a le secret en faisant valoir son très bon coup de crochet. Il s’est octroyé une cocarde et une ficelle.

Yannick Pérez entame sa saison sur les chapeaux de roue. On a senti chez lui une motivation immense.

Et finalement, elle ne fait que confirmer l’acharnement dont il a fait preuve depuis qu’on la revu aux entraînements, début janvier. Ses moyens recouvrés lui donnent une grande confiance en lui et en son potentiel intrinsèque… Et ça se voit.

Il fallait se le coltiner ce 437 de la manade Richebois ! Il a imposé la sélection par ses répliques très vives et ses enfermées on ne peut plus serrées.

Yannick lui aura distillé trois ou quatre rasets à l’arrêt qui méritent largement d’être relevés. Et je pense que le public ne s’y est pas trompé. Il fut le seul à l’affronter concrètement et loyalement. Bravo.

Hélas, il n’aura pas récolté le fruit de ses efforts en termes d’attributs. Ce sera pour la prochaine fois.

En tout cas, si sa saison à venir est à l’image de la course qu’il a réalisée ce jour-là à Fos, sa main ne pourra que se parfaire sur le frontal de ses futurs adversaires.

Tout cela pour dire que l’on a assisté à des débuts prometteurs pour nos jeunes promus, et c’est une bonne nouvelle.

A signaler toutefois que Hafid Boufrouh, pour des raisons d’effectifs, n’a pu effectuer sa « première » pendant cette course. Ce sera pour samedi prochain, le 14 mars, dans les arènes de Marguerittes.

Ce jour-là, l’école de raseteurs de Bouillargues débutera officiellement sa saison dans les arènes de Pernes-les-Fontaines avec un bétail de la manade du Rhône.

Mais nos pensées iront aussi en bonne partie à Hafid afin que tout se passe pour le mieux. C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter car il le mérite…

Après cet interminable hiver, la saison taurine commence enfin.

Bonne chance et bon courage à toutes et tous !

A bientôt.

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