Création du Club Taurin en 1921

1921… le Club Taurin « La Claida » voit le jour…

 

C’est à l’initiative d’une poignée de « mordus » de bioù, qu’en 1921 fut créé le club taurin « La Claida »… oui, oui… « Claida » avec « AI », qui quelques années plus tard, s’écrivait « Cleda »…

9 octobre 1921 : Affiche de la journée taurine inaugurale, lors de la création du Club Taurin "La Claida"

 

L’orthographe du nom ne change rien à sa définition, que vous ne trouverez certes pas dans le Petit ou le Grand Larousse, ni même dans « Avise, le bioù »…

 

La « cleda » était une sorte de barrière en bois qui avait plusieurs utilisations… elle servait à enfermer les taureaux dans un enclos, mais aussi, lors des encierros, les jeunes ou moins jeunes, portaient la « cleda » et allaient au devant du bioù… la « cleda », c’était aussi ce que nous appelons de nos jours « barricade » dans les arènes, deux planches horizontales fixées sur des poteaux en bois espacés de quelques mètres… à l’époque, la sécurité était moins rigoureuse !!!

 

Donc, cette poignée d’afeciouna, avec à leur tête Alexis Batte, qui a été le président fondateur du club taurin, s’est lancée dans cette aventure que certains bouillarguais qualifiait de « calude » !!!

 

Oui… ils étaient « fada » ces jeunes… sans argent mais avec des idées plein la tête et surtout une passion débordante, Alexis, avec son frère, Alphonse Batte, père de « Batté », Claudius Gadille, Etienne Benoît, et surtout Georges Dayre qui n’avait que 15 ans, et qui allait s’avérer la cheville ouvrière, donnaient naissance à ce club, qui devenait la première association à voir le jour dans notre village !!!

 

Les ont rejoint par la suite Félix Sardin et Jules Castel, qui ont été tous deux Maire de Bouillargues, et quelques années plus tard, le tout jeune Joseph Vignaud, dont le fils, Roland fut Président quelques décennies plus tard, et tout une descendance, Nicole, sa fille, Jean-Louis son gendre ainsi qu’Olivier et Benoît, ses petits, fils qui assurent à ce jour la pérennité de la famille, occupant tous des fonctions de responsables au sein du club.

 

On retrouvera également, quelques années après, Pierre Cheiron, dont deux des filles de ce dernier, Monique et Rosy, sont aujourd’hui, respectivement Trésorière, et « Buvettière » des arènes, mais aussi Marcel Cheiron, secrétaire de la Mairie de Bouillargues, et brave homme s'il en était, qui sans micro mais avec une voix de baryton assurait le commentaire des courses dans les arènes !!!

 

Pour en revenir au tout début de la vie du club taurin, Georges Dayre, dont le dynamisme était bien connu de tous, a très vite été désigné, à la majorité des 6 membres, trésorier en « chef » !!!

 

Cette fonction de gestionnaire des finances – qui étaient bien maigres -, lui octroyait les responsabilités naturelles qui en découlaient…

 

En effet, c’est lui qui s’occupait d’à peu près tout, revenant à Alexis Batte, le Président, l’honneur de porter le Drapeau lors des fêtes du club… Fougueux mais encore tout jeune, avec le "Papé Dayre" (son père), il se rendait le lundi matin à « La Bourse » aux grains, en bas, et aux vins, en haut, lieu où se discutaient les prix du marché agricole, mais aussi le rendez-vous des manadiers, raseteurs et organisateurs de courses ; c’est là que les transactions pour la location des taureaux et l’engagement des raseteurs allaient bon train… à l’époque, le téléphone et les moyens de locomotion n’étaient pas monnaie courante !!!

 

D’ailleurs, ces rencontres à « La Bourse », mais qui était devenu le « Café », face aux Arènes de Nîmes, se sont perpétuées durant des années… une tradition maintenue, mais qui était d’avantage un rendez-vous où les commentaires sur les courses du dimanche étaient au menu, et à l’occasion, on avait la possibilité de louer un taureau ou d’engager un raseteur.

 

Pour fêter l’évènement inaugural de la création du club taurin, une grande journée taurine fut organisée le 9 octobre 1921, avec diverses festivités au programme ; l’affiche originale de l’époque, est détenue par André Castan ; une reproduction au format 50 x 70 trône depuis lundi 26 mai au Café des Arts.

 

Cliquez sur la photo pour l'agrandir (loupe)

Ce jour là, nos arènes ancestrales avaient fait le plein… cette vue du « Grand Théâtre » en apporte la preuve !!!
(au premier rang, les hommes sont assis sur la "cleda")...

 

Georges Dayre, qui est né en 1906, est resté au club taurin jusqu’en 1966, année où Denis Pétrier est devenu Président… il était là depuis l’âge de 15 ans… plus de 50 ans de sa vie consacrée à la passion qui était la sienne, la bouvine !!!

 

Avant de refermer ce premier tiroir de l’Armoire aux Souvenirs, je ne maquerais pas d’évoquer une petite anecdote… Loulou Dayre me racontait : « Je ne me rappelle plus en quelle année, mais j’étais petit… tout le monde voulait une abrivado dans le village… mais il n’y avait pas un sou… alors chacun a dit qu’il mettrait la main à la poche ; l’abrivado a parcouru les rues du village à la grande joie de tous… mais au moment de payer le manadier, il n’y avait toujours pas un sou… et c’est mon père qui a mis la main à sa poche pour payer… il me l’a raconté souvent celle-là… » !!!

 

 

Loulou Dayre rajouta, dans un mélange de français et de patois, dont je tente la retranscription  sans aucune certitude de l'orthographe : "Mon père, Georges, "are, avès pas un saou"... es lou "Papé Dayre", "richo coumo Cresus" qui a dit au "pitchot" : "Anen prendre lou pichot tren de la Camargo et iren paga lou Marquis... aquo voulès tou dire..." !!!

 

A bientôt pour ouvrir un nouveau tiroir de l’Armoire aux Souvenirs.

 

Didier Jacquet

 

Le 28 mai 2008

Commentaires (9)

1. laurent cheyron 23/07/2008

bravo didier pour ces magnifiques photos. que de souvenirs pour tous ceux qui sont encore parmi nous. j'ai une pensee particuliere pour mon grand pere marcel qui pour ceux qui l'on connu etait une figure de bouillargues. un grand merçi a tous.

2. Monique 20/06/2008

Je rejoins Nicole, Olivier, etc. pour te dire merci et merci surtout à nos parents, Pierre, Joseph, Raoul et leur génération ainsi que ceux qui les ont précédés, car ils ont su nous transmettre le virus à nous et la génération suivante, Julien, Olivier, Benoit et bien d'autres. Je vais te faire parvenir les copies des premières cartes d'adhérents.
A bientôt

3. Nicole Pince-Vignaud 11/06/2008

Merci Didier pour ce début déjà très passionnant;je ne peux m'empécher de penser avec beaucoup d'émotion à tous ceux qui ont tout donné pour que vive encore et toujours notre aficion et surtout à mon grand père Etienne Benoit qui fut membre fondateur du Club(et qui resta membre jusqu'à la fin de sa vie en 1982) et à mon père Joseph qui par ses récits passionnants a su transmettre sa Fé à ses petits-enfants Olivier et Benoît

4. POIRIER Daniel 08/06/2008

bonjour, bravo pour le site que je découvre par le biais du bouillarguié.
Je m'interroge sur les personnes qui ont crée la cleda, en effet je ne vois pas apparaître le nom de Louis ALLEZ, (mon grand père) qui je "crois" était parmi eux. Merci de votre réponse et bon vent au site.
Bien amicalement à toute l'équipe.

5. Nathalie 01/06/2008

Bravo Didier... superbe navigation dans ce milieu taurin et découverte taurine de plus de 80 ans en arrière...
Chapeau et bel hommage pour nos ancêtres... Et comme le dit si bien Olivier, on n'a rien inventé, et bien veiller à ce que la flamme ne s'éteigne jamais...
Félicitation Didier pour cette nouvelle rubrique et impatiente de voir la suite....

6. stéphan 29/05/2008

SUPER! Vivement les articles suivants !

7. Pince Olivier 28/05/2008

De plus, comme le dit si bien mon ami Claude, j'espère que ce "grand livre" que tu es en train d'écrire sera un jour publié ...

8. Pince Olivier 28/05/2008

Rendez vous compte, PLUS DE 87 ANS D'AFICION A BOUILLARGUES !!!!!
Il ya dix ans, l'école de raseteurs que nous avons créés, et que mon ami Claude dirige depuis de main de maître, a redonné un nouvau souffle à cette "fe" dans notre cher village, certes, a recommencé à drainer un large public dans nos arènes, certes, a permise à de nombreux jeunes gens de s'intéresser - voire s'impliquer - pour que vive nos si belles traditions camarguaises, certes, mais NOUS N'AVONS RIEN INVENTE !!! Cette identité culturelle que nous nous sommes forgés et que nous voulons voir se pérenniser, nous la devons à ces personnes décrites dans cette nouvelle rubrique (que personnellement je ferais reconnaître d'utilité publique). Ce sont eux les véritables précurseurs, grâce à qui la flamme de l'aficion éclaire toujours notre chemin de vie et dont il est de notre devoir, à chacun d'entre nous, de veiller avec la plus extrême prudence à ce qu'elle ne s'éteigne jamais ...

9. Dumas Claude 28/05/2008

C'est énorme... et comme dirait mon ami Louli, "ça c'est taurin" !!!
On ne peut oublier d'où l'on vient, qui a fait ce que nous sommes.
Tant d'hommes et de femmes ont œuvré pour cette "fe" qui nous dévore.
Je me langui d’avoir la suite de cette saga...C’est un grand livre que tu es en train décrire Didier...

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